ARCHE Agglo
1 mois
J’ai effectué un stage en mars 2025 à ARCHE Agglo, une communauté de communes à cheval au nord de 2 départements : la Drôme et l’Ardèche. J’étais au pôle environnement qui comprend un volet sur les milieux et les espaces naturels, un sur les rivières et le risque inondation, un volet supplémentaire sur l’agriculture et l’alimentation, un autre sur le climat et l’énergie, et enfin, un volet sur la gestion des déchets et des biodéchets.
En ce qui me concerne, j’ai travaillé pour les milieux et les espaces naturels mais aussi avec le service rivière.
Pour ce qui est des milieux naturels, j’ai accompagné ma maître de stage dans la préparation de son dossier pour un Atlas de la Biodiversité Communale (ABC) sur son territoire. Son dossier devait être déposé sur le site de l’OFB, qui cofinance les ABC.
Tout d'abord, qu'est-ce qu'un ABC ?
L’ABC consiste à mettre en place des inventaires pour obtenir un maximum de données sur les espèces ciblées. Par la suite, ces données peuvent (et doivent) être prises en compte dans les Plans Locaux d’Urbanisme ou autres types d’aménagement du territoire. De plus, un plan d’action est mis en place à la fin des 3 années d’ABC.
Ensuite, dans la continuité de l’ABC, l’Aire Terrestre Educative (ATE) implique la mise en place d’animations ou autres actions de sensibilisation dans le but que le territoire devienne un espace de connaissance et de préservation de l’environnement.
Enfin, le titre de Territoire Engagée pour la Nature (TEN) peut être décerné par l’OFB à la commune ou communauté de communes, ce qui est valorisant pour le territoire. Pour en savoir plus
L'ABC sur ARCHE Agglo
Il concerne 12 communes :
L’avantage de ces communes, c’est que 6 d’entre elles sont situées dans la vallée du Rhône, 2 sur le plateau ardéchois et 2 dans la Drôme des collines. Ainsi, cela permet de diversifier les données acquises en fonction des différents milieux du territoire tout en assurant une continuité dans la vallée.
J’ai apporté ma pierre à l’édifice dans ce dossier en mettant en évidence les espèces à enjeux du territoire pour faire valoir son authenticité et le besoin de connaissances naturalistes supplémentaires.
Les espèces ciblées pour cet ABC sont : l’avifaune des milieux agricoles et urbains, les papillons de jour et de nuit (particulièrement des forêts de pente), les abeilles sauvages et les arachnides des pelouses sableuses ; et enfin, les odonates et les amphibiens des cours d’eau et des zones humides.
Pour cela, grâce à ses contacts comme le Conservatoire Botanique, la LPO Drôme-Ardèche ou Arthropologia, ma maître de stage a obtenu des données sur les espèces du territoire. Par la suite, j’ai classé ces espèces selon leurs enjeux, notamment à partir de leur statut UICN en Rhône-Alpes.
Lors de la rédaction du dossier, j’ai pu réaliser des tableaux comme cela :
J’ai également mentionné les méthodes de relevés qui seront employées. Par exemple, pour les abeilles sauvages des pelouses sableuses d’ARCHE Agglo, seulement des échantillonnages seront réalisés car pour obtenir un inventaire exhaustif, il faudrait plusieurs années. Or, le timing de l’ABC est de 2 ans d’inventaires et 1 an d’élaboration d’un plan d’actions.
Des enjeux de conservation des espèces ont pu être explicités grâce aux Plans Nationaux d’Actions, comme pour l’Alysson du Rhône, une plante endémique en danger face au défrichement des forêts de pente pour l’extension viticole. Par exemple, j’ai pu mettre en avant ces enjeux :
L'Alysson et Pierre-Aiguille
De plus, en ce qui concerne l’Alysson du Rhône à Pierre-Aiguille, j’ai assisté à une réunion de concertation ayant pour but d’empêcher le défrichement de plusieurs parcelles sur cet Espace Naturel Sensible géré par ARCHE Agglo. En effet, le propriétaire était un jeune viticulteur qui avait acheté ces parcelles en AOC pour débuter.
Néanmoins, dès le dépôt de sa demande d’autorisation de défrichement, ARCHE Agglo s’est saisi du dossier pour tenter d’éviter un défrichement supplémentaire de cette zone.
Les enjeux des multiples défrichements sont la présence de l’Alysson du Rhône bien entendu, mais aussi de la Gagée des rochers, une autre plante endémique.
En ce qui concerne la réunion à laquelle j’ai assisté, des représentants du Conservatoire d’Espaces Naturels étaient présents pour accepter ou non le rachat des parcelles. Après moult discussions entre ARCHE Agglo, la SAFER (concernant le coût de la parcelle), le propriétaire de la parcelle, le Conservatoire Botanique du Massif central (au nom des enjeux de conservation de l’Alysson et de la Gagée) et le CEN, ce dernier a accepté le rachat permettant à la fois à l’ancien propriétaire de retomber sur ses pattes, mais aussi d’éviter une nouvelle dégradation sur cet ENS.
Service rivière
La Veaunes
Avec le service rivière, j’ai pu constater leurs travaux récents de renaturation de la Veaunes où ils ont recréé les méandres naturels du cours d’eau (première photo). A cela s’ajoute un bassin écrêteur de crue qui a été disposé à cet emplacement pour limiter les inondations en aval, et la zone en amont, étant une zone humide, est capable de stocker ces surplus d’eau. De même, j’ai contrôlé la qualité des matelas de Reynaud, des dispositifs de pierres grillagées mis sur les pentes de part et d’autre du barrage. L’équipe a pour projet futur de disposer une pelouse qui stabilisera d’autant plus les matelas et évitera une usure potentielle.
De plus, d’autres projets de réaménagements des cours d’eau ont été réalisés sur la Veaunes, dont la mise en place d’une passe-à-poisson à l’embouchure avec l’Isère pour contourner une chute de 11m (deuxième photo). Les constats ont permis d’établir le retour de certains poissons dans les rivières en amont avec l’installation de nouvelles frayères. Des mammifères l’empruntent également comme la loutre et le castor d’Europe.
Pour finir en ce qui concerne la Veaunes, elle prend sa source à l’étang du Mouchet sur la commune de Chavannes. Des travaux ont été réalisés par l’équipe Rivière pour rétablir la continuité écologique grâce à une rivière de contournement de l’étang. Autrement, en période estivale, les eaux du cours d’eau se réchauffaient trop fortement en traversant l’étang. Suite à cela, des frayères ont été observées dans la rivière de contournement, assurant ainsi le retour et même l’amélioration de la biodiversité aquatique.
Le Torras
D’autre part, j’ai participé au contrôle des digues du Torras, un petit cours d’eau qui ne coule pas toute l’année mais qui, en cas de crue, regorge d’une grande quantité d’eau qui atteint très rapidement la ville de Tain-l’Hermitage. La stabilité des digues est donc essentielle pour limiter les risques d’inondation.
Les ruisseaux Ardéchois
Le chef d’équipe m’a emmené à Vion, un village ardéchois traversé par 3 cours d’eau : le Merdan, le Gaizard et le Mazarieux. Ces 3 cours d’eau ont tendance à être problématiques lors des fortes pluies, ainsi, des dispositifs pour réduire la puissance de l’eau ont été mis en place, comme par exemple, pour le Gaizard, un enrochement et une fosse de dissipation (première photo) qui sert à faire perdre de la vitesse à l’eau et permettant une entrée dans le village plus tranquille.
De plus, dans le village voisin, la Tuilière est une rivière ayant déjà fait de gros dégâts en période de fortes pluies. Ainsi, de même que pour le Gaizard, des dispositifs ont été mis en place tels qu’un enrochement et un passage à gué.
Relevés de piège-photos
Pour finir, j’ai également eu l’occasion d’aller relever des pièges photos disposés à des endroits stratégiques, c’est-à-dire là où les cours d’eau ne coulent pas systématiquement, et où les buses sont empruntées par les animaux. A savoir que pour faciliter ces corridors écologiques, des palissades ont été mises en place par le service rivière.
Agriculture
J’ai également assisté à un CoPIL pour le Plan Pastoral Territorial du Nord Ardèche concernant 5 communautés de communes. Lors de cette réunion, les dossiers des agriculteurs étaient traités pour être ensuite transmis au CoSEL (le comité de sélection régional) qui acceptera ou non les subventions pour ces dossiers.
Pendant ce CoPIL, certaines problématiques sont entrées en jeu, notamment une somme insuffisante pour satisfaire l’ensemble des dossiers présentés (dont certains datant de l’année précédente). L’argent des subventions étant attribué par la région et par des fonds européens (FEADER). Ainsi, l’enveloppe 2025 a été consommée dès ce premier COPIL, ce qui ne laisse pas de place à de nouvelles subventions pour d’autres agriculteurs voulant débuter le pastoralisme.
