Introduction
Le réchauffement climatique est une conséquence directe de l’industrialisation et du développement technologique humain. La succession des révolutions industrielles ont poussé à de nouveaux modes de consommation et de production pour arriver à une utilisation importante des énergies fossiles. Ces dernières sont adoptées pour une grande majorité de nos déplacements, de la production de notre nourriture et de nos vêtements. De plus, la mondialisation, résultante de ce monde technologique, pousse à l’utilisation de davantage de terres rares et conduit à la pollution massive des terres, de l’air et des océans.
Face aux conséquences de nos actions, de nouvelles pensées commencent lentement à voir le jour afin de faire la transition vers un modèle de vie plus respectueux de la nature et moins énergivore. Parmi tous ces nouveaux modèles, l’un d’eux se fait entendre en tant qu’alternative crédible : la décroissance. Cette dernière est une « politique préconisant un ralentissement du taux de croissance dans une perspective de développement durable », d’après le dictionnaire Larousse.
Face aux défis environnementaux, la décroissance peut-elle être une écologie d’accompagnement ou correspond-elle plutôt à un changement de modèle ?
Pour répondre à cette problématique, nous verrons dans un premier temps que la décroissance est une écologie d’accompagnement avec la théorie qu’elle véhicule ainsi que la pédagogie qu’elle prône. Dans une seconde partie, nous verrons que la décroissance est un changement de modèle profond entre anticapitalisme et hypocrisie de pays riches.
A) La décroissance : l’écologie d’accompagnement
La décroissance est évoquée pour la première fois dans le rapport Meadows, paru en 1972 par le club de Rome, d’après l’article du Monde « La décroissance : d’où vient ce concept politique qui fait débat à la primaire écologiste », paru en 03/09/2021. L’idée est de s’opposer au concept de croissance infinie portée par l’augmentation exponentielle de la population qui crée la richesse. Presque 50 ans après la première évocation de la décroissance, cette dernière redevient une possibilité de société.
1) La théorie de la décroissance
Tout d’abord, regardons à quoi correspond la décroissance. D’après l’article « Qu’est-ce que la décroissance économique », publié le 03/10/2019 par le site YouMatter, la décroissance repose sur un principe simple : celui d’un monde fini associé à des ressources limitées. La théorie est donc « que seule une réduction de la production et de la consommation globales pourra assurer l’avenir de l’humanité et la préservation de la planète » d’après ce même article. L’annexe 1 accompagne cette vision de la décroissance avec l’idée de l’opposer à la croissance infinie et donc aux dirigeants et patrons qui prônent le profit. L’annexe 1 montre que la décroissance vise à partager le travail, arrêter la surconsommation en partant d’un constat simple : la pollution vient de la production qui épuise les ressources ce qui va amener à des pénuries, donc à des crises et à l’extinction de l’humanité.
La décroissance, toujours d’après le site YouMatter, permet d’équilibrer les territoires favorisés, soit le Nord, et les territoires en développement, soit le Sud. Cet rééquilibre promet une baisse des utilisations des ressources pour les pays développés afin que les pays du Sud puissent y avoir accès.
Enfin, la théorie de la décroissance n’est pas l’œuvre d’une seule personne mais de plusieurs venant d’horizons très différents, d’économistes à écologistes. En s’appuyant sur l’idée de la finalité des ressources, des énergies fossiles et du monde, la décroissance repose sur des constats solides.
2) La pédagogie de la décroissance
Cette décroissance, au-delà de la théorie économique, est diffusée dans la population mondiale grâce à une pédagogie active. En effet, d’après le même article de YouMatter, la décroissance est une démarche volontaire et ne découle pas de la réalité observée ou subie. Cette décroissance est une écologie d’accompagnement, car elle passe par le volontariat et la prise de conscience.
D’après la page Babelio, pas moins de 18 livres parlent de la décroissance. Celle-ci est évoquée à travers des titres comme Vers la sobriété heureuse, La Simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance ou encore La Décroissance heureuse : la qualité de vie ne dépend pas du PIB. La pédagogie passe par la communication et les livres font figure de proue.
De plus, la décroissance est étroitement liée au développement durable et à ses pensées d’équilibre. En effet, même si on oppose les deux notions car souvent le développement durable prône la croissance verte, alors la décroissance serait son opposé. Néanmoins, les deux notions se rejoignent, selon l’annexe 2. Cette dernière reprend, dans un tableau, les propositions de la décroissance et du développement durable face à une même problématique afin de comparer leurs réponses. Au sein de la partie développement durable, il y a deux colonnes, l’une qui montre la solution socialement acceptable et celle montrant la version « luxueuse ». Quand le développement durable propose d’acheter avec un label, une garantie, la décroissance propose d’acheter moins. Quand le développement durable expose les endroits de stockage amélioré et le tri des déchets, la décroissance propose de moins jeter. Quand le développement durable déclare mettre en avant les énergies renouvelables et l’isolation améliorée, la décroissance propose de moins consommer.
En comparant les deux, on se rend compte que la décroissance peut paraître plus simple que le développement durable pour la population. Pédagogiquement, la décroissance peut être mieux comprise si elle est bien apportée. Le développement durable propose de continuer mais en plus vert et la décroissance propose une plus grande égalité.
Que ce soit par les livres, les discours ou les tableaux, la décroissance est une écologie d’accompagnement permettant de passer d’une consommation alarmante à une utilisation plus saine.
B) Décroissance : un changement de modèle radical
Avec la pression de plus en plus importante du réchauffement climatique sur nos sociétés, la décroissance apparaît comme un changement de modèle radical mais essentiel pour assurer un avenir. Alors que le modèle qui domine l’économie mondiale est le capitalisme, basé sur la production et un type de régulation décentralisé, la décroissance apparaît comme opposée à ce régime. Devant un modèle capitaliste dominant le monde depuis plusieurs siècles, la décroissance semble devenir le régime de rupture pour casser cette suprématie.
1) La décroissance : anticapitalisme ?
La décroissance est un modèle qualifié par beaucoup d’anticapitaliste. L’anticapitalisme est une notion avec un spectre assez large, qui est « une doctrine qui s’oppose au système capitaliste, lequel se caractérise notamment par la propriété privée des moyens de production et la course au profit », d’après l’Internaute. D’après cette définition, on peut dire que la décroissance est anticapitaliste, car elle ne court pas après le profit, préférant l’équité des distributions dans un système plus sain pour l’environnement.
D’après l’article de polytechniques de Paris « La décroissance va bien au-delà de la réduction du PIB », paru le 01/02/2022, Timothée Parrique expose l’anticapitalisme de la décroissance. Dans la partie « La décroissance n’implique pas forcément une grande révolution anticapitaliste ? », le chercheur en économie écologique répond que la décroissance ne peut pas s’accorder avec le système actuel, soit le capitalisme. Contrairement à ce dernier qui prône l’accumulation de biens, la décroissance veut une « économie de bien-être, d’économie sociale et solidaire ».
Dans la suite de l’article, il évoque le fait que la décroissance permettrait de favoriser des secteurs économiques comme les éco-innovations, la mobilité active ou bien les logements sociaux. Cela se fait en pénalisant d’autres secteurs comme « la spéculation financière, la publicité, la production automobile, l’aviation, l’industrie de la viande ». Les derniers secteurs cités sont ceux qui sont majoritairement polluants mais également les domaines privilégiés de l’économie actuelle. En effet, contrairement au capitalisme, la décroissance a pour objectif de rendre la société plus saine et plus verte, en totale opposition avec le capitalisme.
2) Une hypocrisie de pays riches
Quels pays peuvent viser ce changement de modèle radical ? Toujours dans l’article « La décroissance va bien au-delà de la réduction du PIB », le chercheur en économie écologique continue en expliquant qu’il faut se doter d’outils juridiques et écologiques afin de transformer les institutions et le système. Les outils en question ne sont possibles que dans les pays du Nord, les pays développés. En effet dans la partie « On décrit souvent la décroissance de manière assez caricaturale comme un retour à l’âge de pierre ou à la bougie. Qu’en est-il exactement ? », il est spécifié que les pays qui ont le même niveau de vie que les États-Unis mais avec une empreinte écologique plus faible sont les Pays-Bas ou la Corée du Sud, des pays du Nord.
La décroissance est passé par la croissance auparavant et seuls les pays riches, qui ont profité de cette croissance due aux énergies fossiles et à consommation massive, peuvent se permettre de choisir un nouveau système. Cette hypocrisie est caractérisée dans l’annexe 3 qui est une caricature de notre société. Le capitalisme est justifié par la « décence » à avoir.
Le modèle radical de la décroissance réclame donc des moyens qui ne sont pas compatibles avec les besoins des pays du Sud où la décroissance est un changement radical sans assurance d’une meilleure qualité de vie en comparaison de celle vécue par les pays du Nord.
Conclusion
La décroissance est donc une idée avec de l’avenir et, associée à d’autres notions et idées « vertes », peut être une option essentielle pour adapter notre société. Dans le cadre des pays du Nord, ce changement de modèle est une écologie d’accompagnement avec une grande pédagogie communiquée par des livres et des articles accessibles au plus grand nombre. Néanmoins, si la décroissance est une écologie d’accompagnement pour les uns, elle ressemble plus à un changement de modèle radical et brutal pour les pays du Sud qui ne disposent pas des moyens nécessaires pour s’adapter, tant sur le plan économique que culturel.
La décroissance est aussi plus facilement amenée dans les pays du Nord grâce aux programmes de sensibilisation des dernières décennies pour le développement durable. Pour offrir une écologie d’accompagnement au Sud, il faudrait une pédagogie plus importante et un respect strict de la décroissance, tout en parlant de l’équité.
Mais la décroissance, même respectée au mot près, ne permet pas de pouvoir entrevoir un changement au changement climatique, au mieux un ralentissement du changement. Alors, nous pouvons nous demander quelle idée pourrait être associée la décroissance pour faire progresser la société vers une réduction ou un arrêt du changement climatique.

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