Introduction
Le réchauffement climatique est une réalité de plus en plus incontournable dans nos sociétés. Les catastrophes entraînées par ce réchauffement global obligent le monde à revoir ses actions et leurs impacts sur la planète. De l’énergie propre aux nouvelles technologies pour décarboner l’atmosphère, en passant par l’éducation à l’environnement et la sensibilisation à l’écologie, tous les secteurs s’inscrivent dans une étape de transition obligatoire.
Dans notre quotidien, même notre manière de consommer a commencé à changer. Manger moins de viande, manger plus de fibres… les modèles de consommations se sont démultipliés comme nous pouvons le voir dans l’article « Régimes végan, végétarien, végétalien, pescétarien : quelles différences ? » publié le 08/04/2021 sur CNEWS. Manger de la viande ou pas, du poisson ou non, des œufs ou non, tous les régimes sont différents. Parmi eux tous, un régime se distingue par son côté extrême : le régime végan.
Le véganisme a été créé en 1847 et est, d’après le site bevegan, « un mode de vie qui s’efforce d’éviter toute utilisation d’animaux pour la nourriture, les vêtements, les divertissements, les expériences ou toute autre fin ».
Pour les plus extrêmes végans, leur modèle est le seul viable afin de répondre à un problème éthique, de se nourrir d’êtres vivants, et à un problème environnemental, de par leur régime.
De cela, nous pouvons nous poser la question suivante : le véganisme est-il une solution pour diminuer notre impact environnemental ?
Dans un premier temps, nous verrons que le véganisme est une solution d’avenir avec son empreinte carbone et ce qui la compose. Nous nous pencherons sur son coût hypothétique s’il était appliqué à tous, et son impact sur l’environnement et l’économie avec la fin d’un système exigeant. Enfin, dans une seconde partie, nous observerons les limites du véganisme qui représente une forme d’hypocrisie, un modèle à relativiser et un impact environnemental à nuancer.
A) Le véganisme : une promesse d’avenir
En 1847, le véganisme est créé par la Vegan Society en Angleterre. C’est un changement important, provenant du mouvement végétarien. Aujourd’hui, le véganisme est perçu comme l’expression d’une volonté d’être plus en accord avec l’environnement et les animaux afin d’allier éthique et respect.
1) L’empreinte carbone
Le véganisme prône une société plus sobre en rejets de carbone par le biais de son régime sans viande et tourné vers les plantes et les légumineuses. De fait, analysons et comparons l’empreinte carbone laissée par les différents régimes alimentaires. D’après l’article « Végan, végétarien, omnivore : quel est le meilleur régime pour la planète ? » publié le 09/06/2019 et l’annexe 1, qui est l’empreinte alimentaire par type de régime, le résultat est assez flagrant. En effet, dans l’annexe 1, une personne qui mange beaucoup de viande émet 3,3 tonnes de CO2 par an quand un végan n’en émettra que 1,5 tonne. Une personne avec un régime moyen, comme une grande partie de la population, où la viande est moins courante mais présente, émet 2,5 tonnes de CO2. De manière chiffrée, il ne fait aucun doute que le régime végan, sur le plan carbone, est une excellente alternative afin de baisser notre impact sur le changement climatique.
L’article de Futura-sciences, lui, rappelle que près de 4 milliards d’hectares sont consacrés aux pâturages et à la production pour les animaux contre 1 milliard d’hectares de cultures pour l’alimentation humaine. De plus, il est mis à jour que l’élevage est responsable de la destruction de près de 3 millions d’hectares de forêts, chaque année et du rejet de 15 % des gaz à effets de serre à cause de l’homme. En économisant près d’une tonne de CO2 avec le régime végétarien, à l’échelle européenne, ce serait théoriquement près de 700 millions de tonnes de carbone non rejetées chaque année. Sur les 4 000 millions de tonnes émises par l’Union européenne en 2018, d’après « Les émissions de gaz à effet de serre dans l’union européenne » publié le 30/03/2021, l’économie de carbone représenterait 18 % des émissions.
Le véganisme n’est pas seulement assimilé à l’alimentation mais aussi à l’absence, dans la vie courante, de toute chose d’origine animale. Pas de soie, de duvet, de laine, de cuir ou bien de fourrure mais plutôt du polyuréthane, du coton ou du liège. D’après l’article « Les émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’industrie manufacturière » publié le 18/02/2021 sur le site du gouvernement français et l’annexe 2, en bannissant le cuir, ce serait 1 500 kg de CO2 en moins.
2) La fin d’un système exigeant
Le véganisme n’est pas seulement un atout pour réduire les émissions de CO2 et ainsi ralentir le réchauffement climatique mais c’est également un atout pour la préservation de multiples ressources vitales et ainsi mettre fin à un système exigeant.
La demande en eau pour le secteur de l’élevage est importante. Pour une surface d’un hectare, le soja demande une vingtaine de litres d’eau quand un bœuf en demande 213 hectares et 550 litres d’eau, tout cela pour 1 kg de viande seulement. La surface et l’eau sont des ressources précieuses qu’il faut bien gérer. En prenant en compte le coût de la viande en France, d’après l’article « Coûts de production en viande bovine », 100 kg de bœuf coûtent 450 euros. À l’inverse, selon l’article « Coût de production des grandes cultures », en se basant sur une tonne, le colza, le blé ou bien l’orge se situent entre 200 et 500 euros. D’un point de vue comptable, les céréales, les légumineuses ou les plantes coûtent moins cher que la viande. Le rendement est aussi plus intéressant pour une parcelle de culture à destination humaine que pour un bovin.
Dans l’article de libération : « Les végétariens et les végans ont-ils un impact environnemental moins important que ceux qui mangent de la viande ? », publié le 20/03/2018, avec un régime comme celui végan, la diminution de consommation en eau peut aller jusqu’à 50 %.
Donc, d’après ce que nous avons vu, le véganisme est une solution pour l’environnement, car il permet de diminuer nos besoins de terres et donc d’arrêter la déforestation. Il nous permet d’économiser l’eau, qui, dans beaucoup de pays désormais, est considérée comme « l’or bleu ». Enfin, il apporte des économies significatives d’émissions de gaz à effets de serre.
B) Une hypocrisie
Quelle est la face cachée de toutes ces belles promesses d’économies et cette ode à la neutralité carbone ? En vérité, de nombreux éléments viennent fissurer l’idée selon laquelle le véganisme est une solution réelle pour diminuer notre impact environnemental. Économie et écologie vont plus loin que des chiffres sur les émissions de CO2 ainsi que la consommation d’eau.
1) Un régime à relativiser
Le véganisme porte des valeurs qui sont indéniables, néanmoins, d’un point de vue économique, le véganisme n’est pas supportable pour toutes les bourses. D’après une étude suisse publiée en août 2017, « Étude d’un panier durable », le véganisme n’est pas forcément un régime accessible à tous. À la page 8 du rapport, un tableau présente de multiples aliments, leur coût et la finalité. En assimilant le même coût d’une alimentation végane à celle d’un végétalien, on obtient un total de 574 francs suisses pour un flexitarien, qui limite sa consommation de viande, et 652 francs suisses pour un végétalien. Il est précisé dans le rapport que dans le total, il manque les vitamines et compléments alimentaires pour le végétalien. En convertissant francs suisses en euros, on obtient presque le même écart car 1 euro est égale à 0.93 franc suisse. Selon l’étude, ceux qui sont FOODprints, qui font attention à toute leur alimentation en mangeant de tout, même de la viande, sont ceux qui dépensent le moins avec seulement 532 francs suisses.
Malgré des coûts de production moins importants, d’après l’étude précédente, il est évident que le surcoût du régime végan l’empêche d’être perçu comme une alternative au régime actuel.
2) Un impact à relativiser
Après le coût économique d’un tel changement, intéressons-nous à l’impact réel sur l’environnement. En effet, d’après Youmatter et son article « Le régime végan n’est pas le plus écologique, selon les scientifiques », publié le 10/07/2018, il faut prendre en compte la manière de produire de chaque pays. En effet, le coût en carbone ne sera pas le même pour l’Allemagne et ses grandes exploitations de bétail ou pour la France et ses plus petites exploitations. L’article donne la différence entre un bœuf de Kobe, élevé au Japon, qui aura un coût de 36 kg de CO2 par kilo contre 10 kg de CO2 par kilo pour un bœuf élevé dans des pâturages, en Ukraine. D’un pays à l’autre, on peut multiplier par trois ou quatre, le coût en carbone. De plus, l’article met en lumière des possibilités avec des productions de bœuf zéro carbone par stockage dans le sol. Enfin, les chiffres donnés sur la grande différence entre régimes flexitarien et végétarien datent de 2006, et choses ont donc évolué depuis.
L’article ne s’arrête pas aux émissions de carbone mais s’attaque aussi aux productions alimentaires pour montrer que les poissons et mollusques sont plus écoresponsables, concernant leur consommation.
Dans cette lancée, l’article parle d’une étude démontrant qu’en usant des moyennes concernant les émissions de CO2, un régime normal ou végétarien est plus écologique que celui strictement végan. De plus, pour le modèle végan, il est essentiel de recourir à de massives importations de nombreux produits et aliments, ce qui contribue alors à avoir une empreinte écologique plus importante.
Pour conclure avec cet article, ce dernier parle d’un modèle avec le véganisme comme régime global et en dévoile les faiblesses. Sans l’élevage, certains déchets végétaux ne seraient pas consommés, certains ne pourraient pas être mélangés à des déchets organiques comme du fumier pour faire des engrais…
Ces arguments ne sont pas les seuls qui vont à l’encontre de la généralisation du véganisme dans le monde. Dans l’article : « Végan, végétarien, omnivore : quel est le meilleur régime pour la planète ? », publié dans Futura-sciences, il est fait état d’un élément important. En effet, les champs cultivés absorbent beaucoup moins de CO2 que les prairies d’au moins 18 % et donc permettent de démontrer l’importance des prairies éco-paturées. Enfin, une étude d’Harvard montre que si tout le monde aux États-Unis devenait végan, il serait impossible de nourrir toute la population. En effet, certaines terres ne sont pas cultivables et il est préférable de les laisser pour l’élevage. L’argument de la surface exploitée n’est donc malheureusement pas, non plus, un argument viable.
Conclusion
Le véganisme est une belle pensée qui parvient plus à avoir des arguments éthiques qu’environnementaux. En effet, les solutions sont nombreuses désormais pour mettre en place des élevages zéro émission. La surface n’est pas non plus un problème à condition de répartir de bonne manière les espaces avec une protection plus importante des prairies et lieux de pâturages. Pour la gestion de l’eau, il nous appartient de gérer cette partie afin de pouvoir mieux l’optimiser. Donc, le véganisme n’est pas une solution pour diminuer notre impact environnemental.
Pour aller plus loin, il nous appartient de nous poser les bonnes questions. Devons-nous diminuer nos émissions de gaz à effets de serre en voyant uniquement par le prisme de l’élevage ? En effet, les humains sont responsables du surplus de carbone rejeté dans l’atmosphère et si les végans prônaient une non-utilisation complète des animaux, alors ils devraient penser à ne pas les utiliser comme bouc-émissaires des émissions de carbone. L’idée de prendre un régime dépourvu de viande pourrait bien aller à l’encontre des animaux car, les terres qui ne sont plus utilisées pour eux, pourraient l’être pour nous, conduisant à la disparition indirecte des animaux d’élevage, s’ils n’ont plus d’utilité pour nous.
Il faut penser à l’échelle des populations et non simplement de l’espèce humaine. De plus, l’idée des végans de ne pas se servir des animaux est limitée. En effet, les abeilles sont dans la catégorie animaux, et elle pollinisent et donc travaillent indirectement pour nous, ou bien les araignées : elles mangent les insectes, empêchant leur prolifération. Si nous voulons ne plus avoir « d’ascendant » sur les animaux quels qu’ils soient, alors le véganisme ne peut être considéré que comme une hypocrisie de pensée de certains.
Mais, en y pensant, le véganisme est-il là pour apporter une solution pour l’humain ou l’environnement ?

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