Introduction
L’innovation technologique est une notion récente. D’après la définition donnée par le site « les cahiers de l’innovation », l’innovation technologique est « la mise au point/commercialisation d’un produit plus performant dans le but de fournir au consommateur des services objectivementnouveaux ou améliorés ». Cette définition est née en 1992 dans le manuel d’Oslo.
L’innovation technologique est globale. Chaque filière tend vers cette innovation perpétuelle pour continuer à progresser, à apprendre et à comprendre. Des téléphones aux produits manufacturés divers, l’innovation technologique est stimulée par la demande toujours plus grandissante de la population.
L’innovation technologique ne se limite pas à la consommation des utilisateurs. Bien que cela puisse paraitre contradictoire, elle est également présente dans l’écologie et l’amélioration de l’utilisation des ressources. Plébiscitée par certains et décriée par d’autres, l’innovation technologique n’en n’est pas moins une force avec laquelle il faut compter. Les catastrophes naturelles se démultipliant, de même que l’impact de la pollution, il faut savoir désormais répondre à la question suivante :
Pouvons-nous faire confiance à l’innovation technologique pour faire face aux enjeux environnementaux d’aujourd’hui ?
Pour répondre à cette problématique, nous allons commencer par voir l’innovation technologique performante et ses impacts quotidiens dans notre monde, et notre consommation avec l’exemple de l’intelligence artificielle et la démonstration de la différence entre les pays à forte technologie et ceux à faible technologie. Dans un second temps, nous observerons le coût de l’innovation technologie et sa dangerosité dans notre futur incertain.
1) Une innovation technologique performante
D’après l’INSEE dans l’article « Innovation – tableaux de l’économie française », publié le 27/02/2020, l’innovation technologique concerne 33 % des sociétés et constitue le cœur de l’innovation. Celle-ci est donc essentielle dans les entreprises actuelles afin qu’elle continue de progresser. Pour l’écologie et l’environnement, l’innovation technologie peut se caractériser par de nombreux projets et idées, mais aucun n’est aussi populaire et révolutionnaire que l’intelligence artificielle.
1) L’intelligence artificielle
De toutes les innovations technologiques de ces trente dernières années, celle de l’intelligence artificielle est sûrement la plus emblématique. Véritable révolution, l’intelligence artificielle pourrait, selon l’article « Bâtir un avenir durable grâce à l’intelligence artificielle », paru le 11/2019, nous permettre de réduire de 4 % les émissions de gaz à effet de serre en 2030. Cette réduction serait l’œuvre de « réseaux de distribution d’énergie propre, [de] l’agriculture de précision, [du] respect de la régulation environnementale… ». Face à l’urgence environnementale d’aujourd’hui, les réductions de sources de CO2 sont d’une importance capitale et surtout de coupler cette baisse à une meilleure utilisation de l’agriculture. De plus, dans ce même article, l’anticipation des risques météorologiques est mise avant et pourrait permettre de diminuer les risques écologiques.
D’après l’article du Figaro, « Avec ces start-up, l’intelligence artificielle sert l’économie », nous avons d’autres moyens de plébisciter l’intelligence artificielle dans notre vie de tous les jours afin d’être plus en accord avec les enjeux environnementaux. En effet, les start-up développent des applications innovantes avec pour but de répondre à des enjeux environnementaux par le biais de l’intelligence artificielle. Dans les exemples de l’article, nous pouvons pointer du doigt l’application Metron qui permet d’optimiser la consommation des usines et entreprises, et d’éviter un gaspillage énergétique. Nous avons Sensing Vision (annexe 1) qui repère les anomalies, conduisant à une diminution de 20 à 40 % de la consommation d’énergie. Il y a Cortexia (annexe 2) qui permet de mieux utiliser l’eau pour la propreté des rues en cartographiant une ville, permettant une économie d’eau importante. Pour terminer, nous avons l’application Chouette (annexe 3) qui a un impact sur les champs et la vigne en observant et en prévenant d’éventuelles maladies. Elle indique aussi à l’agriculteur les points faibles de ses parcelles afin d’améliorer la santé de ses plants, le rendement ainsi que l’utilisation de l’eau et de diminuer la dose de pesticides.
L’intelligence artificielle est une révolution dans la conception de l’utilisation des ressources, en cela elle permet d’améliorer les capacités et de réduire les dépenses inutiles. Le secteur de l’industrie étant l’un des plus énergivores d’après « Quelles industries consomment le plus d’énergie ? » de Courrier international, il est important d’utiliser l’innovation technologique pour venir à bout d’importantes sources de pertes et d’émission de C02.
2) Les pays à forte technologie contre ceux à faible technologie
Dans le monde, on observe une grande disparité entre les pays à forte technologie, profitant de l’innovation, et ceux qui ne le peuvent pas. Dans l’annexe 5, on peut voir les pays les plus innovants du monde, et tous se situent dans l’hémisphère Nord. En comparaison, nous pouvons voir, d’après le tableau « Pays les plus pollués du monde en 2020 » de IQAir, que les pays les plus pollués sont des pays pauvres comme le Bangladesh. De plus, le tableau permet de montrer l’évolution de la pollution année après année et on peut voir que les pays les plus technologiques ont une amélioration positive en allant vers le minimum de pollution.
Cette amélioration s’explique par des technologies innovantes avec moins d’émissions de pollution comme, par exemple, la voiture. En effet, selon le site du gouvernement français et l’article « Évolution des émissions unitaires de CO2 des voitures particulières 1990/2018 », nous pouvons voir que les émissions des voitures sont passées de plus de 200 g de CO2 par kilomètre à moins de 180 avec un objectif de 95 pour les voitures neuves. Cette innovation technologique alliant performance et capacité est l’expression d’une amélioration positive.
L’innovation technologique a aussi permis d’améliorer notre gestion des écosystèmes avec des systèmes de calculs et de cartographie performants. L’innovation, par le biais du biomimétisme, permet la création de bâtiments plus respectueux de l’environnement comme l’Esplanade Theater à Singapour ou bien un immeuble conçu sur le modèle de termitière au Zimbabwe qui économise 35 % d’énergie par rapport aux autres immeubles du pays. Les exemples du biomimétisme qui est une innovation technologique sont légion et montrent une évolution positive.
Donc, à partir tous ces arguments, en faisant confiance à l’innovation technologique, on peut raisonnablement penser qu’elle sera en capacité, demain, de faire face aux enjeux environnementaux.
B) Une innovation dangereuse
Malgré tout, malgré les nombreuses promesses de tous les secteurs, de l’aérien au bâtiment, du biomimétisme aux déductions humaines, on est en droit de se demander si tout cela n’est pas simplement de la poudre aux yeux. En effet, il n’est pas question de dédire les améliorations démontrées plus haut mais de se demander si la confiance dans les nouvelles technologies suffira à ralentir ou arrêter le réchauffement climatique. Quel est le coût environnemental de ces technologies ?
1) Le coût de la technologie
Toutes les innovations technologiques ne vont pas forcément dans le bon sens. En effet, prenons l’exemple de l’intelligence artificielle qui utilise des algorithmes de plus en plus puissants. Chacun de ses algorithmes a une empreinte carbone plus importante que le précédent. Dans l’article de LCI « Environnement : l’intelligence artificielle laisse-t-elle une empreinte carbone bien réelle ? » publié le 11/06/2019, nous pouvons constater le mauvais côté de cette technologie, pourtant révolutionnaire et progressiste dans ses premiers aspects. Les gains d’un côté ne sont-ils pas compensés par l’empreinte écologique de l’autre ?
La technologie a toujours un impact sur l’environnement que nous ne pouvons mesurer qu’une fois appliquée. L’innovation technologique positive arrive avec un temps de retard sur les événements ayant subi ces changements et lui faire une pleine confiance est tout simplement un non-sens.
De plus, la création des technologies coûte parfois chère à l’environnement dans sa phase d’initiation. En effet, en prenant l’innovation du téléphone, nous pouvons observer que les téléphones tactiles d’aujourd’hui utilisent du lithium et d’autres métaux rares. Comme leur nom l’indique, ces éléments sont rares et utilisent des méthodes négatives pour l’environnement comme la résine échangeuse d’ion ou la technique d’extraction liquide-liquide (annexes 8 et 9). Ce sont des techniques polluantes qui vont mettre à mal les nappes phréatiques, les écosystèmes et empoisonner les populations animales.
Les métaux rares se trouvent principalement en Chine notamment, mais également dans une multitude de pays comme nous pouvons le voir dans l’annexe 7. L’innovation technologique a donc créé une nouvelle sorte de pollution extrêmement nocive.
De même, l’innovation n’est pas toujours une bonne chose. Par exemple, la fracturation hydraulique afin de récupérer du pétrole de schiste est une innovation et pourtant, au lieu d’aider pour faire face aux problèmes environnementaux, elle ne fait qu’en créer de nouveaux avec une pollution des nappes phréatiques.
2) Une innovation trompe-l’œil ?
L’innovation technologique est, rappelons sa définition, « la mise au point/commercialisation d’un produit plus performant dans le but de fournir au consommateur des services objectivementnouveaux ou améliorés. »
Les innovations technologiques sont donc des aménagements de performance dans le but de satisfaire un service, un besoin. Pourtant, nombre d’innovations technologiques ne sont pas utiles. Nous pouvons prendre l’exemple de la réalité augmentée au travers de la technologie VR. Cette innovation ne permet pas une meilleure implication dans le jeu ni ne permet d’avoir de meilleurs graphismes. Elle utilise beaucoup de puissance pour une pollution sans intérêt.
L’augmentation de la qualité des photos de téléphones n’est pas, non plus, une technologie importante compte tenu de la netteté déjà atteinte, mais elle fait partie des technologies trompe-l’œil qui font penser à une innovation alors que celle-ci ne fournit pas de services nouveaux et avec une amélioration décisive.
Conclusion
Pour conclure, l’innovation technologique est un instrument important dans l’optique de la transformation de nos sociétés. C’est par l’innovation et l’amélioration des technologies que nous pourrons avancer vers une société respectueuse de l’environnement. L’amélioration des technologies est, par exemple, la mise en place des énergies nouvelles ou des créations innovantes (les nouveaux matériaux, les énergies renouvelables comme l’énergie osmotique, les véhicules plus performants et moins utilisateurs d’énergie…). Parmi toutes ces innovations, nous pourrions exposer le fait que l’intelligence artificielle, avec des algorithmes novateurs, permet d’économiser de l’eau, de l’énergie…
Malheureusement, comme toute chose créée, il y a le mauvais côté. L’innovation technologique fait disparaître des pollutions pour en créer d’autres. La pollution numérique est un des exemples de ce pendant négatif. De plus, ces innovations sont des cas trompe-l’œil, car elle n’est pas là pour être nécessairement utile pour l’environnement. Comme dit dans le rapport, de nombreuses technologies visent à améliorer un confort et pas un impact sur l’environnement.
L’innovation technologie doit être encouragée mais doit être encore plus encadrée afin de converger vers une société verte et respectueuse de l’environnement. Dans certains cas, l’innovation est une bonne chose, comme le nettoyage amélioré des rues, mais tant que la base (la production d’énergie et la base des technologies comme les terres rares) ne sera pas améliorée, on ne peut pas faire confiance à l’innovation technologique pour faire face aux enjeux environnementaux d’aujourd’hui.

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