Introduction
Les feux de forêt font partie de ces phénomènes extraordinaires et destructeurs que la nature dissémine à travers le monde. Au même titre que les ouragans, les sècheresses ou encore les tornades, les feux de forêt sont difficilement contrôlables. Les feux de forêt sont d’immenses incendies qui se propagent sur une étendue boisée, de minimum 0,5 hectares. Leur départ peut être d’origine humaine comme d’origine naturelle.
Les images de ces feux de forêt, qui peuvent se déclencher partout dans le monde, sont souvent vues comme de grandes tragédies écologiques. Mais est-ce aussi évident et simple que ça ?
Avec les images de zones brûlantes, sans vie, désolées, on pourrait affirmer que les feux de forêt sont des phénomènes atroces.
Mais n’y a-t-il qu’une seule vision des feux de forêt ? S’agit-il toujours de catastrophes naturelles ?
Pour répondre à cette question, nous verrons dans une première partie la subtile nuance qui sépare la catastrophe naturelle de la catastrophe dite écologique et environnementale. Nous verrons également de quelle manière les feux de forêt démarrent. Dans une deuxième partie, nous verrons la destruction engendrée par un tel phénomène. Enfin, nous observerons que les feux de forêt ont aussi leur rôle bénéfique dans la nature.
A) L’impact des feux de forêt
Les feux de forêt sont des éléments qui sont souvent montrés du doigt pour exposer le réchauffement climatique de manière indirecte (sècheresses…). En effet, avec des étés plus chauds qu’à l’accoutumée, les occasions pour un feu de démarrer et de se développer sont plus nombreuses.
1) L’origine des feux de forêt
D’après le site du gouvernement, en charge de la surveillance, la répartition et la prévention des incendies, les feux de forêt ont deux origines : humaine et naturelle (par exemple, avec l’impact de la foudre au sol). Pour leur origine dite humaine, les départs sont soit volontaires soit involontaires (un simple mégot de cigarette peut suffire).
Que faut-il à un feu de forêt pour débuter ? Pour démarrer, il lui faut un combustible, comme le bois. Ensuite, il lui faut une source de chaleur externe pour commencer à brûler le combustible, comme une petite flamme. Enfin, il lui faut de l’oxygène pour continuer à brûler. Si ces trois éléments sont réunis, le départ du feu est quasiment assuré.
Mais il faut ajouter à cela qu’il existe de nombreux types de feux de forêt. Toujours selon le site du gouvernement, il existe :
- Les feux de sol (annexe 1) qui brûlent la matière organique dans la terre ;
- Les feux de surface (annexe 2) qui prennent dans les sous-bois ;
- Les feux de cimes (annexe 3) qui brûlent tout, même les branches supérieures des arbres.
Ces différents feux de forêt surviennent majoritairement durant l’été, quand l’herbe et les combustibles potentiels (arbres, végétaux et humus) sont les plus secs. Néanmoins, les feux de forêt peuvent aussi se dévoiler en hiver.
Enfin, selon Futura-Sciences (annexe 4), entre 1997 et 2010, les incendies de forêt dus à l’Homme de façon directe et indirecte (malveillance, travaux divers, imprudence, lignes électriques, etc.) représentaient près de 90 % des cas. Ce qui veut dire que seul 1 cas sur 10 est d’origine naturelle.
2) Catastrophes écologiques, naturelles et environnementales
Après avoir vu les origines des feux de forêt, on peut se demander s’il s’agit de « catastrophes ». En effet, quelle est la différence entre une catastrophe dite naturelle et une catastrophe dite environnementale et écologique ? Sans une définition claire des termes employés, les confusions sont vite arrivées.
Pour commencer, qu’est-ce qu’une catastrophe écologique ?
D’après le site internet Universalis, c’est « un événement qui affecte le fonctionnement et la structure des écosystèmes touchés, conduisant à une dégradation des ressources biologiques, parfois sans que nous puissions revenir en arrière. »
Ensuite, qu’est-ce qu’une catastrophe environnementale ?
D’après le site internet Wikipédia, c’est « le résultat d’un événement, dû à une activité humaine qui porte atteinte à des écosystèmes. »
Enfin, qu’est-ce qu’une catastrophe naturelle ?
D’après Futura-Sciences, « c’est une catastrophe à origine naturelle qui engendrent d’importants dégâts humains comme environnementale. Les catastrophes naturelles sont donc tous les événements qui ne sont pas dus à l’Homme. Souvent, une catastrophe naturelle est d’une intensité anormale. »
Ainsi, pour notre sujet, nous restreindrons donc les feux de forêt à tous les événements n’ayant pas d’origine humaines. Dans 9 cas sur 10 (annexe 3), il ne s’agit pas de catastrophes naturelles, selon la définition scientifique de Futura-Sciences. Cette définition est confirmée par l’Insee qui la nuance, néanmoins, avec un sens plus juridique. Elle montre que c’est l’intensité de l’agent naturel qui est pris en compte et non l’origine.
B) Les conséquences des feux de forêt
Nous avons défini et délimité le terme de « catastrophe naturelle » par rapport aux autres catastrophes écologiques et environnementales. Nous avons également déterminé les origines des feux de forêt. À présent, nous allons voir si les feux de forêt sont, ou non, des catastrophes naturelles et si elles représentent un renouveau pour l’écosystème.
1) Une destruction d’habitat
D’après les sites de l’OMPE (Organisation Mondiale pour la Protection de l’Environnement) et de Géorisques, les feux de forêt sont des désastres. Ils causent des dommages sur les écosystèmes et envers les êtres humains. Les écosystèmes sont dévastés avec la disparition, parfois, de centaines espèces indigènes, suivie d’une prolifération d’espèces dites invasives. Chaque année, c’est entre 60 000 et 80 000 feux qui démarrent, détruisant à eux tous jusqu’à 10 millions d’hectares. Même si nous nous servons de l’annexe 3 pour réduire les incendies à ceux produits par la nature, nous avons tout de même entre 6 000 et 8 000 catastrophes naturelles par an.
Dans un rapport du CAMS (Service pour la surveillance de l’atmosphère), publié dans un article du 20 minutes, du 12/12/2019, les feux de forêt seraient responsables de 6,375 gigatonnes de CO2 envoyés dans l’atmosphère. Ainsi, en plus d’affecter de manière considérable les écosystèmes en les ravageant, ils aideraient au réchauffement climatique de manière directe. Cependant, l’article spécifie bien que l’année 2019 n’est pas un record et que d’autres années ont oscillé avec 8 gigatonnes de CO2 émis.
Dans un article de Science & Vie, publié le 05/02/2019, « l’irrésistible flambée des feux de forêt », explique également que les « mégafeux » sont plus nombreux et de plus en plus destructeurs.
Pour finir cette partie, nous parlerons d’un exemple particulier : les feux de forêt en Australie. Dans l’article du National Geographic, « Australie, les feux de forêt auront de graves conséquences », publié le 13/01/2020, un dernier élément est pointé du doigt. C’est un élément qui peut être rapporté à l’ensemble des feux de forêt : la pollution sur l’eau potable. En effet, outre les gigatonnes de CO2 et la perte de biodiversité, les cendres finissent par retomber dans l’eau. En effet selon cet article, tout cela amène un surplus de nutriments dans les cours d’eau, ce qui conduit à une grande production d’algues puis à la baisse d’oxygène dans l’eau et à la mort de milliers d’espèces vivant dans l’eau.
2) Un renouveau pour l’écosystème
Mais les feux de forêt ne sont-ils que des évènements négatifs pour les écosystèmes ? La perte consentie est-elle compensée par les renouveaux qu’ils apportent.
Selon le site du gouvernement canadien, les feux de végétation, et donc de forêts, sont importants pour la biodiversité. En effet, ces derniers permettraient d’aider à la santé de la forêt en aménageant naturellement les ressources. Ils permettraient l’amélioration des conditions écologiques (éléments d’un milieu qui agissent sur tous les êtres vivants durant un moment de leur développement). Enfin, ils permettraient également d’éliminer l’accumulation excessive de combustibles.
D’après l’article du Science & Vie, publié le 17/08/2017, « Les feux de forêt sont-ils des catastrophes écologiques ? », les bénéfices d’un feu de forêt sont même plus étendus. Beaucoup d’espèces pouvant repousser, sont capables de s’adapter au feu pour survivre. Après un incendie, nombre de rejets sortent de terre. Les incendies profitent également aux différents systèmes racinaires qui se servent du déséquilibre pour s’étendre. Ils aident également les graines à se développer. De plus, le sol est fertilisé par les cendres, permettant aux jeunes pousses d’arbres ou de végétaux divers de se développer plus facilement.
Ainsi, après un feu de forêt, si l’espace brûlé n’est pas touché à nouveau, la forêt prendra du temps pour se régénérer et former un nouvel écosystème qui pourra être plus favorable à de nouvelles espèces. Les feux de forêt participeraient, à ce moment-là, à un cycle naturel qui ne pourrait être qu’aggravé par la main et les actions de l’Homme.
Conclusion
Les feux de forêt sont des éléments particuliers de la nature. En tant qu’événement causé par la nature, ils font partie du bon fonctionnement du monde. Ils participent au cycle de la vie en détruisant un écosystème pour laisser place à un autre qui pourra être tout aussi complexe et intrigant que le premier.
Les origines d’un feu de forêt sont diverses et variées (humaines ou naturelles), tout comme le type de feu (sol, surface ou cimes), comme nous l’avons vu. Nous avons également discerné les différents types de catastrophes (écologique, environnementale et naturelle) pour mieux cadrer notre problématique.
Certes, la perte d’espèces, parfois endémiques et uniques, est tragique, mais c’est le principe même d’un cycle. Début, milieu et fin. Pour répondre à la problématique du travail de recherches, oui, les feux de forêt sont toujours des catastrophes naturelles. C’est évident au vu des désastres qu’ils engendrent. Morts d’espèces (végétales et animales), pollutions (de l’eau ou de l’air avec 6.375 gigatonnes de CO2 émis), bouleversements écosystémiques. Mais ils sont aussi synonymes de renaissance, changements et développement. Les feux de forêt sont donc des catastrophes naturelles, mais ils sont essentiels pour la biodiversité.

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