Intelligence artificielle : Des innovations au service de l’économie et de l’écologie ?

Intelligence artificielle : Des innovations au service de l’économie et de l’écologie ?

Introduction

            L’intelligence artificielle… Cette idée naît en 1950 grâce à Alan Turing, un mathématicien. D’après Futura-Sciences, l’intelligence artificielle « consiste à mettre en œuvre un certain nombre de techniques visant à permettre aux machines d’imiter une forme d’intelligence réelle. » D’abord simple fantasme de l’esprit humain, l’intelligence artificielle est finalement devenue une réalité que de nombreuses entreprises, comme Microsoft®, Google®, Apple®…, tentent de mettre en place. La technique dépasse les simples lignes de codes pour s’orienter vers une véritable mise en place de réseaux de neurones artificiels via de multiples serveurs pour simuler le cerveau de l’être humain.  

            L’application de l’intelligence artificielle est universelle. Elle peut s’adapter à tous les domaines : économie, banque de données, écologie, protection des données… L’intelligence artificielle ne cesse de s’améliorer et d’accroitre ses capacités dans tous les domaines.

            Au-delà de son application potentiellement immense notre monde, elle rencontre pourtant des réticences dans l’opinion publique et scientifique. Avec de nombreux avantages et de potentiels et nombreux inconvénients, l’intelligence artificielle peine à convaincre les plus hésitants.

            Avec le dérèglement climatique pourtant, l’intelligence artificielle apparaît de plus en plus comme étant la meilleure chance, pour beaucoup, de concilier économie et écologie afin de faire avancer les choses, vers une société durable.

            Mais l’est-elle réellement ? L’intelligence artificielle offre-t-elle des innovations au service de l’économie et de l’écologie ?

            Pour répondre à cette problématique, nous verrons dans un premier temps les applications actuelles de l’intelligence artificielle et les possibilités qu’elle offre dans la lutte contre le réchauffement climatique. Dans un second temps, nous observerons les failles de l’intelligence artificielle et les risques pour qu’elle soit l’opposé de ce qu’elle promet.

A)  L’intelligence artificielle : une technologie de plus en plus précieuse

Dans un monde de plus en plus connecté, il apparaît inévitable que l’intelligence artificielle se développe. Au début simple idée, elle est désormais partout, du correcteur orthographique à la détection de menaces via des drones dans le domaine militaire en passant par les jeux vidéo et la médecine de pointe.

1)    L’avenir de l’écologie et de l’économie

Écologie et économie apparaissent comme deux domaines opposés. Pourtant, avec l’intelligence artificielle, il est possible de voir que des applications les rapprochent.

            Au niveau politique, l’intelligence artificielle est désormais étudiée de près, compte tenu de ses diverses retombées économiques et écologiques, comme le dévoile le site du gouvernement français sur la transition écologique. Un rapport ministériel de Cédric Villani, mathématicien, y parle de la place de l’intelligence artificielle dans la société.

            Par le biais de ces innovations, l’intelligence artificielle pourrait, selon l’article « Bâtir un avenir durable grâce à l’intelligence artificielle. », paru le 11/2019, diminuer de 4 % les émissions de gaz à effet de serre en 2030. Cette réduction pourrait être réalisée grâce à « des réseaux de distribution d’énergie propre, l’agriculture de précision, le respect de la régulation environnementale… » L’article parle également des prévisions météorologiques et climatique. Toutes ces réductions dans tous ces domaines allieraient écologie mais aussi économie. En effet, la prévision météorologique et la régulation environnementale peuvent permettre la prévention des risques et de diminuer les coûts écologiques et économiques en anticipant les risques. 

            Désormais, l’intelligence artificielle représente un pivot dans l’économie qui va s’accroître à l’avenir, comme nous pouvons le voir dans l’annexe 1 et comme nous le dit l’article de Futura-Sciences définissant l’intelligence artificielle : « En 2015, l’IA pesait 200 millions de dollars, en 2025, elle s’élèvera à près de 90 milliards de dollars. »

2)    Des applications de l’intelligence artificielle révolutionnaires

Les innovations de l’intelligence artificielle sont présentes dans tous les domaines. Des applications « vertes » voient déjà le jour. En effet dans l’article des Échos : « L’intelligence artificielle de demain sera-t-elle verte ? », paru le 29/11/2018, il est expliqué que pour répondre à la consommation importante d’énergie des intelligences artificielles, des applications sont créées pour en consommer moins et être plus en accord avec l’environnement.

Mais il n’existe pas seulement les applications « vertes ». D’après l’article du Figaro, « Avec ces start-up, l’intelligence artificielle sert l’économie », de nombreuses start-up déploient de nouvelles applications alliant économie et écologie.

Tout d’abord, selon ce même article, nous pouvons parler de Sensing Vision (annexe 2), une application qui peut élaborer des modèles permettant aux collectivités locales et aux entreprises d’établir un modèle numérique des bâtiments pour répertorier les anomalies et les corriger. Le programme peut permettre la diminution de 20 à 40 % de la consommation d’énergie.

            Comme seconde application, nous avons Metron. Elle doit permettre d’optimiser la consommation des usines et entreprises en détectant les possibilités d’économies pour les concernés. Ces économies peuvent être de l’ordre de 15 %.

            En troisième application, nous avons Cortexia (annexe 4) qui doit permettre d’optimiser la propreté des rues grâce à la cartographie d’une ville. Grâce à ce programme, les rues sont mieux nettoyées, générant une économie d’eau importante. Cette application est déjà mise à contribution à Genève, Zurich, Toulouse et peut-être bientôt à Paris.

            Enfin, la dernière application est Chouette (annexe 5). Cette dernière application peut améliorer la surveillance des champs et des vignes : entre autres, prévenir les maladies, indiquer à l’agriculteur les points faibles de son exploitation, améliorer par extension, le rendement et l’utilisation de l’eau et des pesticides.

            Ce ne sont que quatre exemples parmi des centaines, mais toutes ces applications sont étroitement liées à l’intelligence artificielle, l’économie et l’écologie. En effet, ces quatre applications améliorent des domaines variables en favorisant l’économie d’énergie, et donc d’argent. Ainsi, l’intelligence artificielle peut permettre la création d’innovations au service de l’économie et de l’écologie.

B)  Une innovation qui dessert à l’économie et l’écologie

L’intelligence artificielle n’est pas exempte de défauts, loin de là. Au-delà de la chance que représentent les innovations liées à cette dernière, elle traîne de multiples défauts visibles pour tous ceux qui n’aiment pas l’ingérence de l’intelligence artificielle dans les moindres recoins de la société.

1)    Des innovations coûteuses

Les innovations dans les programmes ne se limitent malheureusement pas à leur poids. Elles sont également liées à surcharge d’énergie qu’ils consomment et de carbone qu’ils conduisent à émettre. En effet, dans l’article « Environnement : l’intelligence artificielle laisse-t-elle une empreinte carbone bien réelle ? », publié le 11/06/2019, il est mis en évidence que, pour s’améliorer constamment, les algorithmes sont plus gourmands dans la mesure où ils doivent stocker et traiter de plus en plus de données au fur et à mesure des améliorations. Pour gérer chaque programme plus lourd, il y a donc utilisation de matériel plus performant et plus gourmand en énergie (nouveaux supercalculateurs, nouvelles banques de données, nouveaux serveurs…), rejetant par la même occasion, plus de CO2.

 Cet article dévoile également que des chercheurs se sont penchés sur le sujet de la consommation des algorithmes actuels. Au résultat, ils ont découvert que les modèles augmentent, tout comme le coût environnemental. Plus un modèle coûtera cher (de quelques dizaines à plusieurs millions de dollars), plus l’incidence sur l’environnement sera importante.

Même s’il est précisé dans l’article qu’on ne peut calculer précisément combien de tonnes de CO2 sont dégagées par les développeurs de nouveaux logiciels, on sait qu’ils peuvent varier selon le pays et le mode de création d’énergie. On sait également que l’empreinte carbone de ces programmes complexes a un lourd coût environnemental. Tous les programmes ne sont pas dévolus à l’intelligence artificielle, mais ceux qui le sont ont une incidence négative.

2)    Des risques pour l’écologie et l’économie à l’avenir

Les programmes de plus en plus lourds sont donc un risque important, d’autant que leur coût ne cesse d’augmenter. L’article de CNET France « Pourquoi l’intelligence artificielle est un désastre écologique. », édité le 02/07/2019, est plus alarmiste encore. Ici, il n’est plus fait état de risque mais de désastre. L’article affirme que l’intelligence artificielle pollue énormément. En effet, un traitement du langage émet autant de carbone « qu’un homme pendant 57 ans et que cinq voitures pendant toute leur durée de vie ». Les centres de calculs à travers le monde génèrent 2 à 5 % des émissions carbone au niveau mondial, ce qui représente une part importante dans le réchauffement climatique.

            L’article met en avant que les programmes sont coûteux à créer, pas seulement à cause de l’électricité, mais également à cause des appareils nécessaires pour créer les programmes et du temps qu’il faut pour réaliser les calculs.

            Enfin, il faut rappeler que la progression de l’intelligence artificielle n’est pas terminée : elle augmente parallèlement à la progression de l’industrie du numérique. Cette dernière augmente de 10 % par an, ce qui laisse augurer un coût environnemental croissant.

            Pour conclure sur les risques de l’intelligence artificielle sur l’économie et l’écologie, il est de bon ton de rappeler que dans l’article de France Culture « Intelligence artificielle : une révolution technologique pour le meilleur ? », mis en ligne le 07/03/2019, il est dit que l’intelligence artificielle vise à assister l’Homme. Avec des compétences supérieures, une plus grande capacité à aller vite et à faire mieux, le risque d’un remplacement est présent dans plusieurs corps de métiers, même avec une supervision humaine. Une plus grande présence de l’intelligence artificielle pourrait conduire à une dégradation de l’économie par l’absence de besoin de l’humain et donc une plongée vers un chômage plus important. Dans ce cas, l’intelligence artificielle mènerait à des innovations n’étant pas au service de l’écologie ni de l’économie.

Conclusion

            Le risque de l’intelligence artificielle est bien présent. Comme toute chose créée par l’être humain, il existe la bonne vision et son pendant, la mauvaise : d’un côté, l’espoir d’améliorer économie et écologie avec cette nouvelle technologie qu’est l’intelligence artificielle. De l’autre, une pénible vision d’un moment où l’être humain ne pourra plus concurrencer les machines qui, par leur demande en énergie, finiront par émettre plus de carbone que nous, devenant à ce moment des innovations contre l’écologie.

            Néanmoins, dire si les innovations dues à l’intelligence artificielle sont au service de l’économie et de l’écologie demeure complexe. En vérité, seul le fait que l’intelligence artificielle émette beaucoup de carbone pourrait nous faire répondre non. En effet, si les applications « vertes » venaient à diminuer sérieusement le taux de carbone émis, alors, à ce moment, l’intelligence artificielle mettrait des innovations au service de l’économie et de l’écologie.

            Malheureusement, ici réside le risque de l’intelligence artificielle. En voulant créer un pansement pour réparer nos erreurs tout en continuant à faire fonctionner l’économie et panser l’environnement, ne risquons-nous pas de faire plus de mal que de bien ?

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