Les animaux (autres que l’homme) œuvrent-ils à la préservation de leur environnement ?

Les animaux (autres que l’homme) œuvrent-ils à la préservation de leur environnement ?

Introduction

            L’homme a, de tout temps, aménagé le territoire qui était le sien. Ponts, routes ou bâtiments divers, etc., l’homme a valorisé, construit et changé son territoire. Pourtant, depuis de nombreuses années, la préservation de l’environnement devient un sujet de plus en plus important. Entre parcs nationaux, créés en premier aux États-Unis avec le parc de Yellowstone en 1872, et autres statuts de préservation divers, l’homme a trouvé des moyens d’œuvrer à la sauvegarde des habitats et de son environnement. Il agit désormais dans la remise en place de biodiversité avec l’établissement des trames vertes, bleues, noires et brunes. Il construit des crapauducs, recrée des zones humides et remet en place des éléments naturels importants.

            L’homme œuvre donc pour la préservation de son environnement, mais qu’en est-il des animaux ? Vivant dans leur propre écosystème, les animaux font-ils comme l’homme ?

En premier lieu, la préservation se définit ainsi : « c’est un moyen de garantir ou de mettre à l’abri », d’après le dictionnaire Le Robert.

            Nous en arrivons donc à notre problématique : les animaux (autres que l’homme) œuvrent-ils à la préservation de leur environnement ?

            Pour y répondre, nous verrons dans une première partie que les animaux ne préservent pas leur environnement à cause de la succession écologique, démonstration de cette non-préservation, puis nous verrons qu’ils ne peuvent pas œuvrer, car ils ne travaillent pas. Dans une seconde partie, nous observerons que les animaux œuvrent à la préservation de leur environnement avec les services écosystémiques et l’importance du réseau trophique.

A)  Les animaux n’œuvrent pas à la préservation de leur environnement

            Tout d’abord, nous pouvons dire que les animaux n’œuvrent pas à la préservation de leur environnement car ils pour « œuvrer », il faut effectuer un travail, or un travail est l’« ensemble des activités humaines organisées, coordonnées en vue de produire ce qui est utile ou une activité productive d’une personne », d’après le dictionnaire Le Robert.

1)    L’altération de l’espace : la succession écologique

            La succession écologique est probablement l’exemple le plus parlant du fait que les animaux n’œuvrent pas à la préservation de leur environnement. La définition de la succession écologique c’est « le processus naturel d’évolution et de développement d’un écosystème en une succession de stades », d’après Wikipédia.

            Dans l’article « Succession écologique », nous pouvons voir que les multiples étapes servent à chaque espèce vivant dans l’espace à rendre impropre le milieu pour eux-mêmes, ce qui favorisera d’autres espèces de l’étape suivante. Pour la première étape que nous pouvons voir également tout à gauche sur l’annexe 1, elle se nomme « succession autogénique » et nous avons l’établissement de mousse qui va permettre un changement d’étape et la création d’un sol pour une strate herbacée, arbustive puis arborée. Lors de chacune de ces étapes de la succession écologique, des espèces font s’établir et vivre dans le milieu. Or, ces animaux ne travaillent pas afin de préserver leur environnement. Les espèces vivant là ne garantissent pas la survie de leur milieu puisqu’elles laissent la succession écologique se dérouler sans intervention.

            De plus, de nombreuses espèces animales vont favoriser la succession écologique en enrichissant le milieu par leur décès et leurs déjections. À cause de cet enrichissement, les animaux poussent à la succession des étapes jusqu’au stade climacique.

            Ainsi, avec l’exemple de la succession écologique, nous pouvons remarquer que les animaux ne tentent pas de préserver leur espace en ne mettant pas en place une action spécifique et précise.

2)    Une définition d’œuvrer inadéquate

            Notre problématique part de l’idée initiale que les animaux œuvrent et donc travaillent à la préservation de leur environnement, mais la notion d’œuvrer est inadéquate. En effet, nous nous référons à la définition d’œuvrer et donc au travail humain alors que nous parlons d’animaux. De ce fait, les espèces ne peuvent pas œuvrer individuellement et collectivement. Effectivement, les animaux ne mettent pas en place des solutions pour contrer le réchauffement climatique à grande échelle et, pour conserver leur habitat, à petite échelle.

Pour œuvrer à la préservation de leur environnement, il faudrait également mettre en place une forme de sédentarisation. En effet, en restant dans le milieu, il est plus facile de le préserver et ainsi de conserver l’environnement en question. Or, la très grande majorité des animaux ne sont pas sédentaires. Il peut exister des territoires définis par des meutes ou des individus, néanmoins, ils seront toujours en mouvement, ne permettant pas de préserver leur espace. Dans l’article « Pourquoi les animaux bougent assez peu ? », publié le 18/01/2018 dans Planet-Vie, il est fait état des activités des animaux. Ces derniers couvrent des territoires étendus qui serviront à leur domaine vital et à leur niche écologique : en effet, ils n’ont pas un mouvement dit « brownien », comme expliqué dans l’article. Néanmoins, les risques de conflits sont présents avec leurs congénères et d’autres individus ne permettant pas une union dans l’optique de protéger leur environnement.

            Enfin, pour protéger l’habitat, il faut prendre des décisions afin de limiter son impact sur son espace. Les animaux n’ayant pas conscience de la protection de l’environnement, ils ne peuvent pas diminuer leur impact. Ainsi, ils ne peuvent pas œuvrer avec leur espèce ou les autres animaux à la protection de l’environnement. En cela, on peut dire que les animaux n’œuvrent pas à la protection de leur environnement.

B)  Un travail bien réel

            Néanmoins, les animaux ont un impact sur leur environnement. À un niveau inconscient, on peut considérer qu’ils œuvrent pour la préservation de leur espace. Le fait d’œuvrer est synonyme d’agir ou même d’élaborer. Or, en prenant cet élément en compte, on peut observer qu’ils agissent à leur échelle.

1)    Un travail inconscient : les services écosystémiques

            Le premier des éléments prouvant que les animaux œuvrent bel et bien à la protection de leur environnement est le concept de services écosystémiques. Tout d’abord, définissons le terme « service écosystémique » grâce au livre Les Services écosystémiques : une notion discutée en écologie. Il s’agit de « l’importance du rôle du fonctionnement des écosystèmes pour les sociétés humaines ». Nous pouvons voir la pluralité des services écosystémiques dans l’annexe 2. L’article de Nature Sciences Sociétés établit quatre types de services écosystémiques, tirés d’« Évaluation des écosystèmes pour le millénaire » : les services d’approvisionnement, de régulation, socioculturels et de soutien.

            De ce fait, nous pouvons montrer les animaux concourant à ces services écosystémiques. Par exemple, la pollinisation est un service écosystémique assuré par les animaux pollinisateurs, comme les abeilles, les papillons ou les coléoptères. Par ce service, la reproduction des plantes à fleurs est assurée et la vie dans les écosystèmes est perpétuée. Autre exemple, la décomposition des déchets est assurée par des animaux, ce qui permet une meilleure assimilation de la matière organique et la diminution des odeurs et des amoncellements désagréables. Pour finir, les animaux permettent aussi de garder des milieux ouverts, comme la savane grâce aux éléphants. En gardant cet espace ouvert, ces derniers permettent à un écosystème complexe de perdurer.

            Les différents services écosystémiques rendus par les animaux sont essentiels dans la stabilisation de l’écosystème. En effet, une vie sans le moindre animal conduirait donc à une perte de diversité écologique mais également à la disparition d’environnements. Donc, d’après cela, nous pouvons pointer du doigt leur importance dans la conservation des milieux.

2)    Le réseau trophique

            La conservation des espaces considérés ainsi que l’alimentation en matières organiques et en cadavres prêts à la décomposition sont assurées par le réseau trophique. Ce dernier est l’« ensemble des organismes d’un écosystème, allant des producteurs primaires aux échelons les plus élevés de la chaîne alimentaire », d’après Actu-Environnement. Ce réseau trophique est illustré dans l’annexe 3, démontrant les liens complexes au sein du vivant.

            Pour prouver que les animaux œuvrent à la préservation de leur environnement à travers le réseau trophique, nous allons prendre l’exemple du parc national de Yellowstone. D’après Géo, dans l’article « Yellowstone, l’exemple américain de réensauvagement », édité le 25/08/2021, nous apprenons que, pendant près de 70 ans, le prédateur avait disparu du Yellowstone. Les conséquences sur tout le réseau trophique et l’environnement ont été importantes. En effet, les rives avaient perdu leur flore à cause du broutage incessant des wapitis, désormais sans prédateur. Les conséquences ne s’arrêtent pas là : l’absence de loups avait affecté le comportement des coyotes, des castors, de la vie dans les fleuves et même des charognards. Le retour du loup a permis, toujours selon cet article, de rétablir un équilibre conduisant à la préservation de l’environnement. Grâce à la chasse aux wapitis, ces derniers ont dû baisser leur temps de broutage et ont laissé la nature se développer pour les différentes espèces. 

De plus, d’après l’article de Futura-Sciences « Réintroduction du loup : des bénéfices inattendus à Yellowstone », paru le 27/10/2018, les loups ont participé à la dynamique de tout l’écosystème, allant même jusqu’à permettre à une grande majorité d’arbres de pouvoir se régénérer et aux relations entre les espèces de devenir plus complexes qu’un simple mangeur à manger.

            Le parc national de Yellowstone n’est qu’un exemple de l’importance des animaux dans l’équilibre du réseau trophique et, par extension, dans la préservation de leur environnement. Or, dans la nature, ces liens complexes le sont davantage encore, permettant l’équilibre et la protection de l’environnement.

Conclusion

            Si les animaux ne peuvent pas œuvrer à la préservation de l’environnement à cause de la définition que nous avons d’œuvrer comme le fait d’en avoir conscience, ils participent tout de même à la préservation de leur environnement. Les animaux n’empêchent pas la succession écologique dans leur espace pour continuer à y être, néanmoins ils aident à la complexité des écosystèmes par leurs actions, leur réseau trophique, leur réouverture de milieu inconsciente, ou même en explorant de nombreuses relations comme la symbiose, le mutualisme, l’amensalisme, le commensalisme, le parasitisme… Ce réseau trophique, qui est composé de tous les animaux, est la raison de notre environnement actuel et de sa préservation sans l’action de l’homme

Les animaux agissent à leur échelle pour continuer à vivre un mode de vie nomade quand l’homme préfère être sédentaire. Néanmoins, par celui-ci, les animaux permettent l’activation des cycles de vie des espaces, la mise en place des strates herbacées, arbustives ou arborées.

            Quant à l’Homme, par son action et ses activités, il pèse sur le réchauffement climatique et il en est responsable. En détruisant des écosystèmes, bien qu’en en protégeant de petites parcelles, il n’œuvre pas à la préservation de son environnement qui ne se résume pas à un biome ou à un espace, mais bien à toute la planète. C’est à se demander si l’Homme œuvre vraiment à la préservation de son propre environnement ou s’il doit s’en remettre aux animaux pour cela.

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