L’économie circulaire et la transition énergétique peuvent-elles être un levier pour lutter contre le réchauffement climatique ?

L’économie circulaire et la transition énergétique peuvent-elles être un levier pour lutter contre le réchauffement climatique ?

Introduction

            Face au réchauffement climatique et à l’imminence de ses impacts négatifs sur toutes nos manières de vivre, la recherche de systèmes plus respectueux de l’environnement est importante. Par exemple, l’une des idées les plus développées et affichées par les États pour faire face au changement climatique est la transition énergétique. Cela consiste à « transformer le système énergétique » et désigne « l’ensemble des changements engagés pour réduire l’impact environnemental de la production, de la distribution et de la consommation d’énergie », d’après le site Géo. Cet objectif des États permet de croire en la neutralité carbone et gaz à effets de serre, dans un avenir plus ou moins proche. À un niveau plus local, nous avons l’économie circulaire qui peut se définir comme « un système économique d’échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits (biens et services), vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement tout en développant le bien être des individus », d’après le site de l’ADEME. Ces deux objectifs gouvernementaux et intergouvernementaux semblent être des visions atteignables pour devenir plus respectueux de l’environnement.

            Néanmoins, l’économie circulaire et la transition énergétique peuvent-elles être un levier pour lutter contre le réchauffement climatique ?

            Pour répondre à cette problématique, nous allons voir dans une première partie l’influence positive de la transition énergétique et de l’économie circulaire en tant que levier essentiel. Dans un second temps, nous verrons les limites de ces deux procédés dans la lutte contre le réchauffement climatique.

A)  La transition énergétique et l’économie circulaire : des leviers de lutte

            Afin de contrer le réchauffement climatique et de réduire l’utilisation des terres rares et des énergies fossiles, il est urgent de penser une société nouvelle avec des changements profonds. Parmi eux, nous allons voir la transition énergétique et l’économie circulaire avec leur importance pour le futur de notre société.

1)    L’impact de la transition énergétique pour l’avenir

            La transition énergétique est une transformation du système dans un domaine qui est critiqué pour son impact. En effet, l’énergie produit beaucoup de CO2, d’après l’annexe 2, avec pas moins de 35 milliards de tonnes de CO2 en 2020. Si l’énergie produite était considérée comme un pays, alors ce serait le premier producteur de CO2 devant la Chine et ses 9,84 milliards de tonnes de CO2 d’après l’article « Pays qui émettent le plus de CO2 » de Futura-Sciences, paru le 16/01/2022.

            Le secteur de l’énergie est donc prioritaire, sachant que d’après l’annexe 1, les énergies polluantes représentent 80 % de l’énergie produite. Les énergies renouvelables sont considérées comme n’émettant pas de CO2 mais ne compensent pas la pollution des énergies fossiles.Le dioxyde de carbone fait partie des principaux gaz à effets de serre qui mène au réchauffement climatique global.

            La transition énergétique, d’après le site officiel du gouvernement français, a pour objectif de faire diminuer drastiquement les émissions dues aux énergies en passant de celles fossiles à celles renouvelables, tout en soutenant la croissance verte pour les ménages et les entreprises. La loi de 2015 pour la France inclut non seulement cette transition mais également un soutien financier pour un passage plus simple vers une économie verte.

            Avec les nouvelles énergies renouvelables émergentes comme le thorium, l’énergie des marées ou celle osmotique, la possibilité de passer bientôt d’un modèle polluant à un vert nourrit donc les espoirs de transition.

            Enfin, le coût des énergies fossiles étant désormais plus important que celui des énergies renouvelables, la transition a plus de facilités à se faire.  

2)    L’économie circulaire : une réponse aux besoins du marché

            Pour l’économie circulaire, nous allons nous appuyer sur le site de l’ADEME et son article sur l’économie circulaire. Dans l’économie, l’impact environnemental est souvent sous-estimé ou non pris en compte. En effet, certains produits, qui pourraient être fabriqués dans le pays destinataire, sont préparés ou cultivés dans un autre, puis amenés par des transporteurs polluants (avions, camions, bateaux, etc.) à cause du coût de production initial (il revient moins cher de produire dans un autre pays). La plupart de ces produits sont gaspillés et les déchets en résultant finissent bien souvent dans la nature, contribuant indirectement au réchauffement climatique et à la pollution des sols.

            L’économie circulaire est une nouvelle manière de penser le système afin d’aller vers une gestion plus sobre et plus responsable de nos ressources. Elle s’oppose à l’économie linéaire et pense à la gestion des déchets et à leur réintroduction dans le cycle de production.

            D’après l’ADEME, près de 800 000 emplois pourraient être créés en cas de transition vers l’économie circulaire. Cela permettrait aussi la « réallocation sectorielle des emplois » en permettant de valoriser les déchets et de protéger l’environnement en diminuant notre impact avec nos détritus. Cette nouvelle économie impliquerait tous les acteurs territoriaux pour mieux mettre en œuvre cette dernière.

            Les sept piliers que défend cette économie circulaire sont l’approvisionnement durable, l’écoconception, l’écologie industrielle et territoriale, l’économie de la fonctionnalité, la consommation responsable, l’allongement de la durée d’usage et le recyclage. Ces piliers prennent en compte l’économie dans un modèle réaliste ainsi que la meilleure répartition des ressources dans la société afin de contrer le réchauffement climatique.

B)  Les limites de la transition énergétique et de l’économie circulaire

            Malgré des promesses de futur nouveau et meilleur, la transition énergétique et l’économie circulaire démontrent que ces modèles sont limités dans leur mise en place et dans leur efficacité à court terme. Ces limitations sont préoccupantes, alors que le réchauffement climatique ne cesse de devenir de plus en plus inquiétant.

1)    Des limites palpables pour l’énergie

            Nous pouvons commencer par observer les limites de la transition énergétique. En effet, il faut savoir quelles énergies renouvelables utiliser dans l’avenir. Les problèmes des énergies « vertes » d’aujourd’hui sont nombreux.

            L’hydraulique, ayant pourtant le meilleur rendement surfacique d’énergie de 70 à 85 % d’après l’article « Rendement d’un cycle d’un aménagement de pompage-turbinage », est destructeur d’environnement. Entre ralentissement du débit, modification de l’écosystème, accumulation d’alluvions en amont, changement de plusieurs caractères physico-chimiques, déplacement ou disparition d’espèces…, l’énergie hydraulique représente une impasse dans l’aménagement de notre territoire.

            Le solaire, quant à lui, consomme des terres rares pour capter l’énergie solaire et la transformer en énergie. Avec la pollution de l’environnement pour les extraire à travers des techniques exposées dans les annexes 4 et 5, ces procédés laissent derrière eux des rejets d’acides, d’éléments radioactifs, de métaux lourds…Tout cela pollue les sols et continue d’alimenter le réchauffement climatique à cause des émissions et de la destruction des écosystèmes. De même, pour convertir l’énergie éolienne en énergie consommable, le besoin de terres rares est bien présent. Pour finir, leur rendement surfacique est de 20 % et de 31 %, respectivement pour l’éolien et le solaire.

            Alors que les énergies vertes actuelles ne le sont pas vraiment, si on prend en compte leur impact sur l’environnement, car elles ne permettent pas d’effectuer une transition énergétique complète, nous pouvons regarder vers les nouvelles énergies vertes du futur comme l’hydrogène, le thorium, l’énergie osmotique ou bien l’énergie des marées. Néanmoins, malgré l’espoir qu’elles apportent, elles ne sont pas encore assez performantes ni développées technologiquement pour permettre de compenser la baisse des énergies fossiles, tout en amenant une transition suffisante pour être un levier pour le réchauffement climatique.

2)    L’utopie illusoire de l’économie circulaire

            La transition énergétique est donc limitée par la progression technologique et la rapidité de mise en place de telles techniques. Quant à l’économie circulaire, elle apparaît utopique dans notre société.

            D’après l’article « Des limites de l’économie circulaire : la question des métaux », il nous est rappelé que la seconde loi de thermodynamique inclut que, même en cas d’application idéale de l’économie circulaire, cette dernière engendreraitdes pertes inévitables. Tout ce qu’on a ne peut se recycler à l’infini, malgré notre volonté. D’après le même article, le septième pilier – et l’un des plus importants de l’économie circulaire, le recyclage – est donc complètement impossible. De plus, il est mis en exergue que les métaux ne sont pas tous être recyclables en raison de leur alliage dans divers éléments de notre vie quotidienne, ou simplement non recyclables, comme les terres rares. La réutilisation est donc impossible dans notre économie circulaire. L’approvisionnement durable en métaux est également limité, car la quantité de métaux diminue en creusent plus profondément, entraînant une augmentation des coûts pour les extraire et multipliant le besoin en énergie pour le faire.

            La possibilité d’une économie circulaire repose sur une variable non quantifiable : la volonté des acteurs. En effet, pour l’industrie, les coûts de recyclage, de mise en déchetterie, de changement de modèles, reviennent cher, quand l’abandon des détritus dans les déchetteries sauvages ou la nature est gratuit. Les piliers suivants de l’économie circulaire reposent donc sur une communication et une action associée :  l’écoconception, l’écologie industrielle et territoriale, l’économie de la fonctionnalité, la consommation responsable, l’allongement de la durée d’usage.

            Ainsi, l’économie circulaire représente une utopie, car son application est soumise à la volonté de l’imposer, de la respecter et au changement de vision de notre société.

Conclusion

            Pour conclure, le réchauffement climatique pousse à la remise en question du système afin de trouver de nouvelles alternatives à nos manières de faire et de vivre. Entre développement durable, décroissance, croissance verte, économie circulaire et même transition énergétique, ce sont autant d’options dites alternatives. Leur application repose sur la défaillance grandissante de l’ancien système et non sur la volonté de contrer le réchauffement climatique.

            Néanmoins, précédemment, nous avons regardé l’impact de l’économie circulaire et de la transition énergétique. Bien que les idées soient bonnes, les considérer comme des leviers pour contrer le réchauffement climatique est prématuré. Les leviers sont limités par la technologie de transition ou la volonté d’action. Donc, seules, l’économie circulaire et la transition énergétique ne peuvent être les uniques leviers pour contrer le réchauffement climatique, mais elles peuvent en faire partie si d’autres possibilités comme la décroissance, la technologie verte, l’évolution des mentalités ou encore l’adaptation des besoins en fonction des lieux.

            Malheureusement, comme tous les systèmes, les limites que ce nouveau engendre, existent. Alors le véritable levier pour contrer le réchauffement climatique ne peut donc pas être un modèle ou un moyen, mais bien une pensée. Au-delà des modèles, n’est-ce pas plutôt la compréhension et la volonté de l’Homme qui peuvent être les véritables solutions pour contrer le réchauffement climatique ?

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